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Ces deux reproductions sont tirées des 200 illustrations présentées par Valentine Marcadé au Jury de la soutenance de sa thèse de doctorat d’État en octobre 1981

 

 

IVAN MAZÉPA
ANDREENKO, LA BÊTE VERTE ET LE COSAQUE, DESSIN QUI A ILLUSTRÉ LA REVUE UKRAINIENNE DE KHERSON « KARAVELLA », N0 2, 1918. Le quatrain écrit par Andreenko en ukrainien a disparu dans l’état actuel de l’oeuvre. Удивительно, но в буреломные годы гражданской войны, в 1918 году в Херсоне издавался журнал сатиры и юмора «Каравелла». Его редактором был М.С. Либерман (Михаил Мирский), а  художественным и литературным отделом журнала заведовал Владимир Винкерт. И весьма успешно. Отзывы об издании были самые положительные: «…совершенно необычный для Херсона и вообще для провинции журнал смело мог бы по своей внешности рассчитывать на успех даже в столице, избалованной «стрекозами», «сатириконами» и т.п. журналами…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DE L’ART PICTURAL UKRAINIEN*

par Valentine M ARCADÉ

Dès le début, je tiens à préciser le but et les limites de mes recherches ; je ne prétends pas donner une analyse exhaustive ou une étude complète de l’art plastique en Ukraine. Mon travail se borne uniquement à donner un aperçu exact des faits qui ont déterminé l’évolution esthétique, à travers le temps, afin de reconstituer les phases essentielles, depuis ses origines et jusqu’à la rupture finale qui, en 1934, a jugulé la liberté d’expression dans tous les domaines.

Les XIe, XVIIe, XVIIIe et la première moitié du XXe siècle furent les grandes époques de création artistique en Ukraine. Pour ces quatre étapes la documentation a exigé des investigations complexes dans les archives et les musées aussi bien de l’Est que de l’Ouest ; dans les bibliothèques de Paris, New York, Kiev, Moscou et Leningrad.

Les sources relatives aux XIe, XVIIe, XVIIIe siècles ont été puisées dans les ouvrages spécialisés, publiés en Ukraine et en Russie, mais peu utilisés et jamais présentés en français.

En ce qui concerne le XXe siècle, il a fallu un acharnement sans relâche pour découvrir les documents dans les bibliothèques occidentales et, souvent, dans les archives familiales des émigrés, qui ont bien voulu les mettre à ma disposition.

Afin de prouver la spécificité de l’art ukrainien, depuis ses débuts, il a été indispensable de doter mon travail d’une solide iconographie. Plus de deux cents reproductions dont une centaine en couleurs viennent à l’appui du texte. Elles proviennent aussi bien d’Europe que des États-Unis et même de Tel Aviv.

Pour retracer le cheminement de cette évolution, il a été nécessaire de remonter aux époques reculées car les traces laissées par les différents peuples et leur culture sur les espaces traversés, qui s’étendent de l’Oural aux Carpates, marquèrent profondément l’inspiration populaire des Slaves implantés sur ces territoires.

Aussi, dès le XIe siècle, l’originalité de la création artistique en territoire ukrainien rejaillit- elle avec vigueur à chaque tournant de son histoire et s’affirma-t-elle dans ses formes, dans sa gamme de couleurs et dans son rythme plastique.

Les contacts permanents avec les diverses civilisations enrichissent l’éventail des sujets, les éléments figuratifs et la symbolique d’ornementation animalière, florale, géométrique et gestuelle reconnaissable d’emblée par son style propre.

* Thèse de doctorat d’État soutenue le 17 octobre 1981 à l’Université de la Sorbonně nouvelle. 534 p. dactyl., plus de 200 Ш.

Rev. Étud. slaves, Paris, LIV/3, 1982, p. 497-504.