Коваленко Георгий / Kovalenko Georgy, Александра
Экстер / Alexandra Exter, Moskva, Muzej sovremennogo
iskusstva, 2010, 2 t. (t. 1, 303 p.; t. 2, 383 pages.)
ISBn 978-5-91611-018-0
Les deux volumes de la monographie monumentale consacrée à Aleksandra Èkster (1882-1949) par un des grands spécialistes de l’art de gauche russe et ukrainien du premier quart du XXe siècle, Georgij Kovalenko, sont un événement. L’auteur avait déjà publié en 1993 une monographie sur l’artiste ukrainienne qui tranchait par la solidité de l’information avec l’absence pratiquement d’ouvrages monographiques sur cette figure majeure de l’avant-garde russe et ukrainienne 20. Depuis la monographie pionnière de Jakov Tugendxol’d, parue à Berlin en russe et en allemand en 1922 21, plusieurs décennies plus tard, on ne trouve que le catalogue édité en 1972 par la Galerie Jean Chauvelin à Paris, avec malheureusement une information très lacunaire et, dans plusieurs cas, erronée 22, ce qui est le cas d’ouvrages qui ont fait depuis l’objet de contestations quant à la faiblesse du contenu biographique et factuel, voire à l’incertitude de la qualité de plusieurs œuvres présentées23.
Il faut cependant noter que le travail d’Aleksandra Èkster pour le théâtre a relativement bien été traité, depuis les textes d’Abram Efros jusqu’aux catalogues d’exposi-tions des admirables décors et costumes de l’artiste pour la scène entre 1916 et 1925 24.
Les deux grands volumes de Georgij Kovalenko traitent pour la première fois de l’apport fondamental de la peinture d’Aleksandra Èkster à la révolution des arts plastiques dans le premier quart du XXe siècle. C’est une somme qui est offerte aux lecteurs de façon générale et aux chercheurs en particulier. Il sera impossible désormais de ne pas tenir compte de cette monographie qui est une référence incontestable, non seulement pour l’œuvre et la vie d’ Aleksandra Èkster, mais également pour la connaissance de la vie artistique en ukraine, en Russie, à Paris, à Florence au moment où se créaient et se développaient les mouvements européens autour du fauvisme, de l’expressionnisme, du cézannisme géométrique, du néo-primitivisme, du cubisme, du futurisme, de la non- figuration, du suprématisme, du constructivisme.
Le livre est abondamment et magnifiquement illustré. Dans les annexes sont republiés 8 articles de l’artiste ukrainienne (t. 2, p. 290-301) et publiés dans leur original russe et en traduction anglaise un ensemble de lettres d’Aleksandra Èkster à Nikolaj Kul’bin, Aleksandr Tairov, Bronislava Nijinska, Vera Muxina (t. 2, p. 302-319) ; en outre, sont rassemblés des textes anciens de souvenirs sur l’artiste : de son compagnon entre 1912 et 1914, le peintre italien ardengo Soffici (1968), du poète, théoricien et mémorialiste Benedikt Livšic (1933), du peintre kiévien, son exécuteur testamentaire, Simon Lissim (1974), de la grande actrice du Kamernyj Teatr, Alisa Koonen (1975), de sa disciple slovaque Ester M. Šimerova25 (1989).
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