Auteur/autrice : Jean-Claude
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ХРИСТОС ВОСКРЕСЕ!
ХРИСТОС ВОСКРЕСЕ!
Христос воскрес!
Χριστός Ανέστη!
Je souhaite une bonne et joyeuse fête de Pâques à tous mes amis lointains-proches
Поздравляю всех далeких-близких друзей с величайшим праздником Пасхи, праздником Воскресения Иисуса Христа
Ich wünsche allen meinen fernen-nächsten Freunden frohe Ostern

MALÉVITCH, « SUPRÉMATISME DE L’ESPRIT », 1919 -
Vitebsk 1918-1922 à PARIS (MNAM)
Cycle des Dialogues de la salle Labrouste (58 rue de Richelieu)
Date : jeudi 29 mars 2018
Lieu : salle Labrouste
Horaire : 19h30-21h
Titre : Chagall, Lissitzky, Malévitch – l’avant-garde russe à Vitebsk 1918-1922
Image :

SUPRÉMATISME DE L’ESPRIT (VITEBSK, 1919) Résumé :
Le catalogue accompagnant l’exposition Chagall, Lissitzky, Malévitch – l’avant-garde russe à Vitebsk 1918-1922 qui se tiendra au Centre Pompidou du 28 mars au 16 juillet 2018, éclaire un chapitre méconnu de la Russie postrévolutionnaire. Hormis une iconographie abondante, dix essais écrits par des spécialistes internationaux et une chronologie détaillée, l’ouvrage comprend une anthologie d’une vingtaine de traductions de documents-source, pour la plupart inédits en français : des articles et lettres de Chagall, Lissitzky et Malévitch, des textes du collectif Ounovis et des extraits du journal de Liev Youdine. En dialoguant avec Angela Lampe, directrice de l’ouvrage et commissaire de l’exposition, et Jean-Claude Marcadé, spécialiste de l’avant-garde russe et traducteur, Elitza Dulguerova présentera les enjeux de cette publication importante.
Participants :
Angela Lampe, conservatrice, Musée national d’art moderne – Centre Georges-Pompidou
Jean-Claude Marcadé, directeur émérite, CNRS
Elitza Dulguerova, INHA

ANGELA LAMPE, JEAN-CLAUDE MARCADÉ salle LABROUSTE (photo de SIMONE FAÎF) 
ANGELA LAMPE, ELITZA DULGUEROVA, JEAN-CLAUDE MARCADÉ, salle LABROUSTE (photo de SIMONE FAÎF) -
Es ist vollbracht!
CHRISTUS RESURREXIT!
BONNE ET JOYEUSE FÊTE DE PÂQUES!« Es ist vollbracht »
« […] Es ist vollbracht! Vergiss ja nicht
Dies Wort, mein Herz, das Jesus spricht,
und lass es dir auch darzu dienen,
dass du vollbringst, was dir will ziemen.
So lang du lebst, lass dies nicht aus der Acht,
dass Jesus spricht: Es ist vollbracht! »
Johannes-Passion« […] Et moi-même le sang que j’ai versé pour eux,
C’était leur propre sang et du sang de la terre.
Du sang du même coeur et de la même artère.
Du sang du même peuple et du même Hébreux.Les pleurs que j’ai versés sur un mont solitaire,
Les pleurs que j’ai pleurés quand j’ai pleuré sur eux,
C’étaient les mêmes pleurs et de la même terre,
Et de la même race et des mêmes Hébreux.Le sang que j’ai versé sous la lance romaine,
Le sang que j’ai versé sous la ronce et le clou ;
Et quand je suis tombé sur ma faiblesse humaine
Sur les paumes des deux mains et sur les deux genoux ;Le sang que j’ai versé sous la lance de Rome,
Le sang que j’ai versé sous l’ortie et la houe ;
Et quand je suis tombé par ma faiblesse d’homme
Sur mes mains, sur ma face et sur mes deux genoux ;Le sang que j’ai versé sous la lance de Rome,
Le sang artériel que j’ai versé pour vous
Le jour que je tombais sur mes maigres genoux,
C’était le sang du juste et c’était du sang d’homme.Le sang que j’ai versé sous la feinte couronne,
Les pleurs que j’ai versés sous cette multitude;
Les mots que j’ai versés dans ma similitude,
Les coups que j’ai reçus sous la double colonne;Les verbes que j’ai mis en forme de parole
Et l’amour que j’ai mis en forme de bonté,
La gerbe que j’ai mise en forme d’unité,
Le grain que j’ai semé dans toute parabole;Le sang que j’ai versé sous la blanche aubépine,
Le sang que j’ai perdu dans mon humanité ;
Les pleurs que j’ai versés dans la creuse ravine,
Le sang que j’ai perdu dans mon éternité;Les pleurs que j’ai perdus dans ma miséricorde,
Les coups que j’ai reçus dans mon humanité;
L’avanie et l’outrage aux mains de cette horde,
Les coups que j’ai reçus dans mon éternité […] »CHARLES PÉGUY, Ève, 1913
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MARGINALIA DE MALÉVITCH (Vitebsk, 1920)
MARGINALIA DE MALÉVITCH SUR L’EXEMPLAIRE DU TRAITÉ DES SYSTÈMES EN ART OFFERT PAR MALÉVITCH À LISSITZKY (EN ROUGE)
1)
[P. 198 de ma traduction chez Allia (les passages en gras sont les passages qui ont été pris dans la version imprimée en 1920 à Moscou sous le titre de De Cézanne au suprématisme) :]
« Que nos traces passent comme l’arc-en-ciel après la pluie »
« Nous, tels des nuées, nous enfantons les arcs-en-ciel des traces »
К.Malévitch
[« Пусть наши следы пройдут как радуга после дождя »
« Мы как тучи рождаем радуги следов »
К.Малевич]
Je vais vers…
ou-êl-oull-êl-tié-ka
ma nouvelle voie
“Que le renversement du vieux monde des arts soit gravé sur vos paumes.”
M’étant placé sur la surface plane économique du carré comme perfection de la contemporanéité, je l’abandonne à la vie comme assise (osnovaniyé) du développement économique de son acte.
Je déclare que l’économie est la mesure nouvelle, la cinquième, de l’évaluation et de la définition de la contemporanéité des arts et des créations; sous son contrôle entrent toutes les inventions créatrices de systèmes, de techniques, de machines, de constructions ainsi que des arts (peinture, musique, poésie), car ces derniers sont les systèmes d’expression du mouvement intérieur, illusionné dans le monde tangible.
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Malévitch
Cher Lazar Markovitch, je vous salue avec la sortie de ce petit livre, il sera la trace de ma voie et le commencement de notre collectif en mouvement, j’attends de vous les habits des appareillages, pour ceux qui vont à la suite des novateurs.
Mais ordonnez-les ainsi : qu’ils ne puissent longtemps stagner en eux, – qu’ils n’aient pas le temps de former une embrouille petite-bourgeoise, qu’ils n’engraissent pas dans sa beauté.
K.Malévitch
4 décembre
1919
Vitebsk
[De la main de Lissitzky:]
Je vous demande, Kazimir Sévérinovitch, de faire pour moi les corrections de cet exemplaire.
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Lissitzky
[Выходом этой книжечки приветствую Вас,
Лазарь Маркович, она будет следом моего пути и началом
нашего колектива [так!] движения, жду от Вас одежд
сооружений, для тех, кто идет по за новаторами.
Но стройте их так : чтобы они не могли долго
засиживаться в них, – не успели завести мещанскую сутолку [так!]
не ожирели в ее красоте.
К. Малевич
4 декабря
19 г.
Витебск
Я прошу Вас Казимир Северинович этот экземпляр прокоректировать [так!] для меня
Л. Лисицкий]
2)
[Voici les passage qu’a annotés Malévitch – extrait de ma traduction chez Allia, p. 226 :]
[…]D’un autre côté, la raison a une grande influence, elle qui est habituée au confort, qui, dans la galoche de la trace du novateur, organise pour soi-même une tanière tranquille et [в калоше следа новатора устраивает себе покойную берлогу и] craint qu’on ne la dérange par de nouvelles introductions et présente tout un tas de tomes de déductions logiques et “sensées”, ce à quoi croyait sans protester la coalition bourgeoise. Mais l’intuition accomplit sa route et exclut la forme par une nouvelle inclusion et si notre raison pouvait venir à bout de la causalité de l’inclusion intuitive, alors le nouveau serait considéré comme une marche naturelle. Il n’existe pas de cas où la raison n’ait accepté ce qu’elle avait rejeté jadis. L’opinion publique a rejeté Millet et Courbet qui a dû exposer son réalisme sur des marchés. Cézanne et Picasso sont honorés aujourd’hui et toute la société française s’incline devant Millet et l’on respecte Cézanne dont les meilleurs tableaux se trou- vent en Russie et ont été rassemblés par l’amateur d’art Sergueï Ivanovitch Chtchoukine qui a dédaigné l’opinion de la société et a collectionné “les dégénérés” (vyrodki) de l’art. Seuls les dégénérés sont porteurs du vivant criez leur votre louange car ils vous emportent dans les déserts où l’on ne vous promet ni manne ni terre promise KM. [Только выродки несут живое кричите им хвалу ибо они несут вас в пустыни, где не обещают ни манны ни обетованной земли КМ]
3)
[P. 244 de ma traduction chez Allia :]
[…] Nous sommes dans une époque à part, peut-être n’y en a-t-il jamais eu de semblable. Une époque d’analyses et de résultats de tous les systèmes qui ont jamais existé, et les siècles apporteront vers notre ligne de démarcation de nouveaux signes. Nous y verrons les imperfections qui ont conduit à la division et au désaccord et peut-être nous ne retiendrons d’eux que le désaccord pour bâtir (vystroït’) un système d’unité.
Aujourd’hui l’intuition du monde change le système de notre monde vert de la viande et des os, il se produit un nouvel ordre (poriadok) économique d’assemblage des fondrières de notre cerveau créateur pour l’accomplissement du plan ultérieur de son mouvement en avant dans l’infini ; c’est en cela qu’est la philosophie de la contemporanéité sur laquelle doivent avancer nos jours créateurs.
15 juillet 1919
NEMTCHINOVKA
À vous jeunes architectes
je confie des champs purs labourés,
sont enlevés tous les draps des siècles et dénudé
le front de la nouvelle sagesse du novateur inventeur
qui porte le calice des nouvelles bâtisses.
Tout est pur, comme la surface plane noire et blanche
du carré et ainsi installez donc de magnifiques placards
pour la vie, – installez des traces, offrez refuge,
repos et nuitée, et nous-mêmes doucement comme une ombre
allons-nous-en dans l’infini le libre l’incompréhensible,
laissant la raison à ceux qui veulent comprendre
et débrouiller les traces sclérosées
Laissez leur la langue afin qu’ils puissent aboyer
après vous, mais nous, nous n’avons pas besoin de langue nous avons besoin
d’une voie et d’une voie pure comme l’ombre.
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Malévitch
[Вам архитекторы молодые
поручаю поля чистые изрытые,
сняты все простыни веков и обнажен
лоб новой мудрости новатора изобретателя,
который несет чашу новых строений
Чисто все, как черная и белая плоскость
квадрата, так ставьте же чуланы прекрасные
для жизни, – ставьте следы, дарите приют
покой и ночлег, а сами тихо как тень
уидемте [так!] в бесконечное свободное непонятное,
оставив разум тем, кто хочет понимать
и разобраться в застывших следах
Оставьте язык им, чтоб могли лаять
вдогонку, а нам не надо языка нам нужен
путь и путь чистый как тень.
К. Малевич]
[J’ai gardé l’orthographe la ponctuation et la disposition des lignes, car tout le passage est très poétique, dans la forme du vers libre (mutatis mutandis, à la Péguy!]
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