Catégorie : Personnel

  • ARCHIVES – VRAC

    ARCHIVES – VRAC

    ARCHIVES – VRAC

    EXTRAIT DE LETTRE À MA MÈRE ANDREA MARCADÉ-DARJO
    VALENTINE MARCADÉ ET UNE AMIE ITALIENNE HISTORIENNE DE L’ART À MILAN, 36 rue Saint-Sulpice,1983
    VALENTINE MARCADÉ ET UNE AMIE ITALIENNE HISTORIENNE DE L’ART À MILAN, 1983
    PÂQUES ORTHODOXES À NICOSIE, 1987

     

    LETTRE D’EVGUÉNI KOVTOUNE À VALENTINE MARCADÉ
    MARIE VASSILIEFF – LE COMPOSITEUR LANDAIS CLAUDE DUBOSCQ

     

    PANTAGRUELISME, VOUS ENTENDEZ QUE C’EST CERTAINE GAYETÉ D’ESPRIT CONFICTE EN MESPRIS DES CHOSES FORTUITES

     

  • Archives -photos en vrac

    Archives -photos en vrac

    Archives -photos en vrac

    PAYSAGE RUSSE (Photo anonyme)
    PYSAGE RUSSE (photo anonyme)
    GEORGES PONCET, « PORTRAIT »(1993, 52/100)

     

    « SOUVENIR DE PARIS » (À VANIA DE LA PART DE STÉPHANE LE PHOTOGRAPHE ET KATIA ZOUBTCHENKO, 1996)
    « SOUVENIR DE PARIS » (À VANIA DE LA PART DE STÉPHANE LE PHOTOGRAPHE ET KATIA ZOUBTCHENKO, 1996)

     

  • John MALMSTAD, né en 1941 à Bismarck, nous a quittés.

    John MALMSTAD, né en 1941 à Bismarck, nous a quittés.

    John Malmstad, un des plus grands connaisseurs de la poésie russe, des arts novateurs dans l’Empire Russe et en URSS, ainsi que du ballet, est mort à Boston d’une pneumonie. L’université de Harvard, dont il était un des éminents professeurs, lui rendra hommage dans les jours qui viennent.

    John Malmstad a été un des étudiants préférés de Nina Berbérova à Princeton. C’est à l’Université de Columbia à New-York qu’il nous avait invités Valentine et moi en 1977 comme senior fellows et nous avons pu faire des conférences en russe dans différents centres universitaires new-yorkais, à Standford, Berkeley, à Los Angeles, Valentine sur l’art russe et le théâtre, moi sur Leskov, Malévitch et l’art des icônes. Nous avons visité avec lui le Nouveau Mexique, la Virginie, l’Arizona, la Caroline du Nord, la nouvelle Angleterre. Et lors de ses séjours chez nous, à Paris et dans les Landes, nous lui avons fait visiter la Bretagne et plusieurs régions de l’Occitanie.

    John Malmstad était un des grands spécialistes d’Andreï Biély dont il a été, entre autre, un des premiers traducteurs en anglais du roman Pétersbourg, une des œuvres majeures du XXème siècle. Il a écrit non seulement sur la poésie de Mikhaïl Kouzmine et publié sa biographie (traduite en français), mais aussi sur la poésie, les critiques littéraires, les monographies et les mémoires de Vladislav Khodassévitch, le premier époux de Nina Berbérova. C’était un scientifique d’une grande exigence  dans l’établissement textologique des  œuvres russes, en particulier symbolistes, et leurs annotations. Il a travaillé dans ce domaine avec ses collègues russes, dont l’académicien pétersbourgeois, spécialiste du modernisme littéraire russe du début du XXème siècle, Alexandre Vassiliévitch Lavrov

    John Malmstad faisait partie de notre vie familiale, il était plus qu’un ami, il était à nos côtés dans les turbulences de la vie intellectuelle.Il a dirigé avec moi l’édition des lettres d’Alexandre Smirnov à Sonia Delaunay écrites dans le premier quart du XXème siècle.

    C’est donc tout un pande notre vie qui disparaît.

    JOHN MALMSTAD, VALENTINE ET JEAN-CLAUDE MARCADÉ, LEUR CHIEN BAÏANE ANNÉES 1970
  • ARCHIVES – POÉSIES

    ARCHIVES – POÉSIES

    ARCHIVES – POÉSIES

    À LIALIA, 6 février 1959

    Chante, chante mon cœur,

    Chante, chante mon sang,

    Chante, chante ma joie

    D’être à ta chair de ma chair.

    Je t’ai emmenée aujourd’hui

    Dans les régions connues de nous

    Avec de telles délices…

    Nous avons survolé notre cité,

    Nous avons volé dans notre ciel,

    Nous avons tout laissé

    Pour davantage nous retrouver,

    Nous avons tout quitté,

    Nous sommes partis, accordés enfin,

    Laissant la méchanceté,

    La vilenie, les désespérances,

    Et j’ai baisé ta main,

    Et nos anneaux se sont réunis

    À LIALIOUCHA, 24 août 1959

    Les arbres roulent, roulent, roulent

    au même rythme que mon cœur,

    mon âme pleure, pleure, pleure,

    sa mélodie et sa langueur.

    Ma Bien-Aimée telle une brise

    ou comme l’aile de l’oiseau

    s’éloigne… mon cœur se brise,

    se brise…

    il n’est plus que lambeau.

    Je te sens , toi, ma Joie,

    je te sens, mon Amie,

    ton cœur bat

    tout près du mien,

    tout empli de clartés

    À LIALIA, 18 octobre 1959

    Tu es là

    Tu rayonnes

    Tu resplendis

    Chaque chose te chante

    Mélodie triste de l’absence,

    Jouée sur un cor anglais

             Aigre, sur une grève

    Le son se meurt

    Et va se fondre

    Avec le glauque ondoiement

    De la mer

    Qui n’en finit pas de finir

    Et de recommencer.

    Une chevelure automnale

    A vogué

    Sur le champ tourmenté.

    Le crépuscule a fini.

    Vénus commence

    Et sur les flots

    Deux yeux

    Roulent sans cesse :

    Deux yeux d’automne

    Ou bien deux astres ?

    Vania

  • Quelques amis fin décembre 2025 – début janvier 2026

    Quelques amis fin décembre 2025 – début janvier 2026

    Quelques amis fin décembre 2025 – début janvier 2026

     

    23 décembre 2025 au Pam avec l’écrivain et hisstorien de l’art ukrainien Evghéni Déménok
    ABLUTIONS À LA FONTAINE CHAUDE DE DAX le 23 décembre 2025 ((PHOTO DÉMÉNOK)
    JEAN-CLAUDE MARCADÉ ET VÉRA GUSEYNOVA LE 7 janvier 2O26 (photo Bernard Marcadé)
    JEAN-CLAUDE MARCADÉ ET VÉRA GUSEYNOVA LE 7 janvier 2O26 (photo Bernard Marcadé)
    Jean-Claude Marcadé place de l’Odéon,8 janvier 2025 (photo Marina Fiodorova)
    Jean-Claude Marcadé au Procope le 8 janvier 2026

     

     

    IGOR MINAEV ET JEAN-CLAUDE MARCADÉ LE 8 JANVIER 2O26 À PARIS (PHOTO MARINA FIODOROVA)

     

     

     

  • Eschyle, « Prométhée enchaîné »

    Eschyle, « Prométhée enchaîné »

    Eschyle, « Prométhée enchaîné »

    Prométhée parle après voir été cloué sur son rocher  pour avoir dérobé le feu  pour le donner aux hommes et il se lamente :

    « ÉTHER DIVIN, SOUFFLE À L’AILE RAPIDE,

    EAUX DES FLEUVES,

    RIRE ÉCLATANT ET INNOMBRABLE DES VAGUES MARINES,

    TERRE MÈRE DES ÊTRES ET DES CHOSES,

    SOLEIL, ŒIL QUI VOIT TOUT,

    JE VOUS INVOQUE ICI :

    VOYEZ CE QUE JE SOUFFRE, MOI UN DIEU PAR LES DIEUX!

    AH! AH! QUEL BRUIT, QUEL PARFUM INVISIBLE

    A VOLÉ JUSQU’À MOI?

    VIENT-IL D’UN DIEU?

    D’UN HOMME?

    D’UN ÊTRE TENANT DE TOUS DEUX?

    À CE ROC,  FRONTIÈRE DU MONDE,

    ON VIENT DONC CONTEMPLER MES MAUX?

    OU BIEN QUE ME VEUT-ON?

    AH! VOYEZ EN CHAÎNÉ UN DIEU MISÉRABLE! »

     

    (D’UNE LETTRE À LIALIA , LE 4 MARS 1960)

  • FRANCIS BACON – OF ATHEISM

    FRANCIS BACON – OF ATHEISM

    Francis Bacon. (1561–1626).  Essays, Civil and Moral.

    OF ATHEISM

    I HAD rather believe all the fables in the Legend, 1 and the Talmud, 2 and the Alcoran, 3than that this universal frame is without a mind. And therefore God never wrought miracle to convince 4 atheism, because his ordinary works convince it. It is true, that a little philosophy inclineth man’s mind to atheism; but depth in philosophy bringeth men’s minds about to religion. For while the mind of man looketh upon second causes scattered, it may sometimes rest in them, and go no further; but when it beholdeth the chain of them, confederate and linked together, it must needs fly to Providence and Deity. Nay, even that school which is most accused of atheism doth most demonstrate religion; that is, the school of Leucippus and Democritus and Epicurus. For it is a thousand times more credible, that four mutable elements, and one immutable fifth essence, duly and eternally placed, need no God, than that an army of infinite small portions or seeds unplaced, should have produced this order and beauty without a divine marshal. The Scripture saith, The fool hath said in his heart, there is no God; it is not said, The fool hath thought in his heart; so as he rather saith it by rote to himself, as that he would have, than that he can thoroughly believe it, or be persuaded of it. For none deny there is a God, but those for whom it maketh 5 that there were no God. It appeareth in nothing more, that atheism is rather in the lip than in the heart of man, than by this; that atheists will ever be talking of that their opinion, as if they fainted in it within themselves, and would be glad to be strengthened by the consent of others. Nay more, you shall have atheists strive to get disciples, as it fareth with other sects. And, which is most of all, you shall have of them that will suffer for atheism, and not recant; whereas if they did truly think that there were no such thing as God, why should they trouble themselves? Epicurus is charged that he did but dissemble for his credit’s sake, when he affirmed there were blessed natures, but such as enjoyed themselves without having respect to the government of the world. Wherein they say he did temporize; though in secret he thought there was no God. But certainly he is traduced; for his words are noble and divine:Non deos vulgi negare profanum; sed vulgi opiniones diis applicare profanum [There is no profanity in refusing to believe in the gods of the people: the profanity is in believing of the gods what the people believe of them]. Plato could have said no more. And although he had the confidence to deny the administration, he had not the power to deny the nature. The Indians of the West have names for their particular gods, though they have no name for God: as if the heathens should have had the names Jupiter, Apollo, Mars, etc. but not the word Deus; which shows that even those barbarous people have the notion, though they have not the latitude and extent of it. So that against atheists the very savages take part with the very subtlest philosophers. The contemplative atheist is rare: a Diagoras, a Bion, a Lucian perhaps, and some others; and yet they seem to be more than they are; for that all that impugn a received religion or superstition are by the adverse part branded with the name of atheists. But the great atheists indeed are hypocrites; which are ever handling holy things, but without feeling; so as they must needs be cauterized in the end. The causes of atheism are: divisions in religion, if they be many; for any one main division addeth zeal to both sides; but many divisions introduce atheism. Another is, scandal of priests; when it is come to that which St. Bernard saith, Non est jam dicere, ut populus sic sacerdos; quia nec sic populus ut sacerdos [One cannot now say the priest is as the people, for the truth is that the people are not so bad as the priest]. A third is, custom of profane scoffing in holy matters; which doth by little and little deface the reverence of religion. And lastly, learned times, specially with peace and prosperity; for troubles and adversities do more bow men’s minds to religion. They that deny a God destroy man’s nobility; for certainly man is of kin to the beasts by his body; and, if he be not of kin to God by his spirit, he is a base and ignoble creature. It destroys likewise magnanimity, and the raising of human nature; for take an example of a dog, and mark what a generosity and courage he will put on when he finds himself maintained by a man; who to him is instead of a God, or melior natura [better nature]; which courage is manifestly such as that creature, without that confidence of a better nature than his own, could never attain. So man, when he resteth and assureth himself upon divine protection and favor, gathered a force and faith which human nature in itself could not obtain. Therefore, as atheism is in all respects hateful, so in this, that it depriveth human nature of the means to exalt itself above human frailty. As it is in particular persons, so it is in nations. Never was there such a state for magnanimity as Rome. Of this state hear what Cicero saith: Quam volumus licet, patres conscripti, nos amemus, tamen nec numero Hispanos, nec robore Gallos, nec calliditate Pœnos, nec artibus Græcos, nec denique hoc ipso hujus gentis et terræ domestico nativoque sensu Italos ipsos et Latinos; sed pietate, ac religione, atque hac una sapientia, quod deorum immortalium numine omnia regi gubernarique perspeximus, omnes gentes nationesque superavimus [Pride ourselves as we may upon our country, yet are we not in number superior to the Spaniards, nor in strength to the Gauls, nor in cunning to the Carthaginians, not to the Greeks in arts, nor to the Italians and Latins themselves in the homely and native sense which belongs to his nation and land; it is in piety only and religion, and the wisdom of regarding the providence of the immortal gods as that which rules and governs all things, that we have surpassed all nations and peoples].

     

    Note 1. “The Golden Legend,” a 13th century collection of saints’ lives. [back]
    Note 2. The body of Jewish traditional law. [back]
    Note 3. “The Koran,” the sacred book of the Mohammedans. [back]
    Note 4. Refute. [back]
    Note 5. Profiteth. [back]
  • С КРЕЩЕНИЕМ ГОСПОДНЕМ! JOYEUSE FÊTE DE L’ÉPIPHANIE!

    С КРЕЩЕНИЕМ ГОСПОДНЕМ! JOYEUSE FÊTE DE L’ÉPIPHANIE!

    LE BAPTÊME DU SEIGNEUR (THÉOPHANIE)

    Le Baptême du Seigneur porte l’appellation de Théophanie, car dans l’événement du baptême s’est manifestée la participation des Trois Personnes de la Très Sainte Trinité : Dieu le Père qui se révèle par Sa parole, Dieu l’Esprit Saint sous l’aspect d’une colombe bénissant les eaux de son ombre et Dieu le Fils qui reçoit le baptême de Jean et sanctifie les eaux. Le contenu trinitaire de la fête est exprimé dans le kontakion de la Théophanie et détermine l’action trine et une de la Divinité avec une extrême clarté.

    «Quand tu étais baptisé dans le Jourdain, Seigneur, l’adoration trinitaire s’est manifestée car la voix de Ton Père a témoigné en Toi en T’appelant Son Fils Bien-Aimé et l’Esprit sous l’aspect d’une colombe a proclamé la vérité de la Parole. Manifeste-Toi, Christ notre Dieu et illumine le monde, gloire à Toi.»

    Le Baptême par lequel saint Jean baptisait était un baptême de repentance. L’eau du baptême était purification, délivrance de l’homme ; un tel baptême n’était pas nécessaire pour le Christ, car il était pur de toute éternité et c’est seulement par humilité qu’il a reçu le baptême de Jean ; mais ayant reçu le baptême par l’eau, le Sauveur n’a pas été sanctifié par les eaux, ce qui n’était pas nécessaire pour lui, mais il a sanctifié par sa Personne la substance des eaux et avec elle, le monde entier. Par le Baptême de Jean, par l’action de l’humilité suprême du Christ, s’est révélée Sa Divinité, en tant qu’une Personne de la Trinité, inséparable en tout du Père et du Saint Esprit.Le Baptême est l’apparition du Christ au peuple, le départ pour Sa Mission, la création nouvelle du monde corrompu mortellement par sa chute. Le Baptême est la fête de la création du monde une nouvelle fois, à l’instar de la Nativité du Christ, et ces deux fêtes sont liées indissolublement l’une à l’autre. [•••]

    Le Christ entre dans les eaux pour les purifier, les vivifier, les sanctifier et anéantir les serpents qui y ont leur nid. L’Esprit Saint, sous la forme d’une colombe, couvre de son ombre les eaux semblablement à ce qui s’est passé lors de la création du monde lorsque l’Esprit de Dieu planait sur les eaux. Selon l’explication de saint Basile le Grand,

    « non seulement Il planait sur les eaux mais Il semblait communiquer à l’eau la faculté de faire naître la vie, rendait l’eau porteuse de vie, la réchauffait pareillement à une poule couveuse qui fait sortir vers la vie grâce à sa chaleur ses poussins. Ici aussi l’Esprit Saint communique aux eaux la grâce et la force d’engendrer la vie dans le mystère du Baptême, d’être l’eau « qui bondit dans la vie éternelle « .

    Comme archétype, la colombe lâchée par Noé de l’Arche et qui y revint avec une branche d’olivier dans le bec, préfigure l’Esprit Saint dans la Théophanie au-dessus des eaux du Jourdain. Saint Jean Chrysostome explique l’image de la colombe qu’a prise le Saint Esprit dans la Théophanie : le Christ en recevant le baptême de la main de saint Jean est venu accomplir toutes les vérités. On appelle vérité l’accomplissement de tous les commandements. Étant donné que tous les hommes devaient accomplir cette vérité, mais que personne parmi eux ne l’a observée ni accomplie, c’est le Christ qui accomplit cette vérité par sa venue. Ainsi, si la soumission à Dieu constitue la vérité et que Dieu a envoyé saint Jean pour baptiser le peuple, alors le Christ a accompli cela aussi. Notre lignée devait payer sa dette, mais nous ne l’avons pas payée et la mort nous a étreints, nous qui avons été soumis à cette faute. Le Christ, étant venu, nous ayant trouvés en proie au démon, paya cette dette. « Il me revient à moi, qui possède, de payer pour ceux qui ne possèdent pas », dit-il. Telle est la raison de Son baptême. C’est pourquoi l’Esprit est descendu sous l’aspect d’une colombe ; là où est la réconciliation avec Dieu, là est la colombe. De la même façon que la colombe a apporté la branche d’olivier dans l’Arche de Noé comme signe de l’amour de Dieu pour l’homme et de la fin du fléau, de même à présent c’est sous l’aspect d’une colombe et non sous un aspect corporel (il faut noter cela particulièrement) que descend l’Esprit, annonçant à l’Univers la grâce divine.

     MOINE GRÉGROIRE (KRUG), CARNETS D’UN PEINTRE D’ICÔNES

    PAUL CLAUDEL

    La deuxième Épiphanie de Notre-Seigneur, c’est le jour de Son baptême dans le Jourdain.

    L’eau devient un sacrement par la vertu du Verbe qui s’y joint.
    Dieu nu entre aux fonts de ces eaux profondes où nous sommes ensevelis.
    Comme elles Le font un avec nous, elles nous font Un avec Lui.
    Jusqu’au dernier puits dans le désert, jusqu’au trou précaire dans le chemin,
    Il n’est pas une goutte d’eau désormais qui ne suffise à faire un chrétien,
    Et qui, communiquant en nous à ce qu’il y a de plus vital et de plus pur,
    Intérieurement pour le Ciel ne féconde l’astre futur.
    Comme nous n’avons point de trop dans le Ciel de ces gouffres illimités
    Dont nous lisons que la Terre à la première ligne du Livre fut séparée,
    Le Christ à son âge parfait entre au milieu de l’Humanité,
    Comme un voyageur altéré à qui ne suffirait pas toute la mer.
    Pas une goutte de l’Océan où il n’entre et qui ne Lui soit nécessaire.
    « Viderunt te Aquæ, Domine », dit le Psaume. Nous Vous avons connu !
    Et quand du milieu de nous de nouveau Vous émergez ivre et nu,
    Votre dernière langueur avant que Vous ne soyez tout à fait mort,
    Votre dernier cri sur la Croix est que Vous avez soif encore !