Je n’avais pas pu réaliser le désir de notre père de le conduire de son vivant à l’endroit où il a passé sa captivité, à Hennigsdorf, dans la grande banlieue de Berlin, car cette zone était en zone soviétique jusqu’à la chute du Mur. Il se trouve que je viens de faire un pèlerinage dans cette petite ville qui n’a conservé aucune des traces de la guerre mais dont l’agencement et certaines maisons anciennes ont été vus par notre père.
Notre père s’est dit relativement favorisé car il faisait partie de la trentaine de prisonniers du Stalag III A qui travaillait dans les fermes des environs. Jean-René a travaillé chez un fleuriste et, vers la fin, il lui arrivait même de faire des commissions pour son patron en vélo, comme il le raconte dans une belle description du paysage brandebourgeois quand il se rend à Bärenklau et passe par le village de Marwitz.
J’ai relu avec plaisir ces notes très vivantes, variées, pittoresques, quelquefois lyriques comme cette page que j’ai scannée sur le village natal de Mouscardès, symbole, pour lui, de tous les villages de France. Le préfacier a très bien souligné que cet ouvrage avait « une simplicité qui rappelle le mot de Montaigne sur les meilleurs livres, qui ressemblent à une conversation familière ‘tel au papier qu’à la bouche’ ». Le seul exemplaire que je possède est dédicacé à Valentine qui était alors ma confidente et mon amie et qui deviendra ma femme cinq années plus tard. J’ai vu que sur Google ce livre « rare » pouvait être encore acheté…










