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  • Archives – « Le Monde » sur Poutine et la Russie déjà en 2007-2008

    Archives – « Le Monde » sur Poutine et la Russie déjà en 2007-2008

    Archives – « Le Monde » sur Poutine et la Russie déjà en  2007-2008

    Date : 28 novembre 2007 17:44:11 HNEC

    À : Le Monde <courrier-des-lecteurs@lemonde.fr>

    Objet : les toinettes,  les pythies, les moutons de panurge de l’information sur Poutine et la Russie

    Après l’ ignoble papier de Glucksmann osant comparer le peu recommandable Khodorkovski au martyr de la liberté que fut Sakharov, voici l’éditorial et l’article des toinettes du journalisme à propos des incidents, relativement mineurs par rapport à ce qui se passe dans des pays aux traditions démocratiques plus anciennes que ce n’est le cas en Russie,  intervenus lors de manifestations dans les deux capitales -comme toujours, c’est le ressassement de faits antérieurs amalgamés aux faits actuels afin de gonfler l’effet de dramatisation (mais, tiens, plus rien sur la Tchétchénie! Bizarre, non?). Donc haro sur Poutine que nos toinettes du Monde mettent à toutes les sauces, dès qu’il y a un événement négatif un peu partout en Russie : c’est le Kremlin, c’est Poutine qui est derrière. Naguère, un humoriste répondait à toutes les questions : « Stéphanie de Monaco »…

    En revanche, nous avons le résultat des incidents entre manifestants et la police, mais non les causes. Il s’agit, d’après les toinettes journalistes, de manifestations pacifiques qui n’enfreignent nullement les droits légitimes des citoyens. Or avez-vous vu dans notre petit pays de France des manifestations qui ne seraient pas autorisées, en accord avec la préfecture de police sur les itinéraires, laisser indifférent un maire  ou un gouvernement quels qu’ils soient? Ne faisons pas croire aux Russes que chez nous on peut impunément manifester en dehors de certains cadres établis par la loi. D’autre part, je ne cesse de m’élever contre l’idée que Kasparov représenterait l’opposition à lui seul; financé, entre autres, par l’escroc et criminel Bérézovski, son programme politique est très primaire : « La Russie sans Poutine ». A côté de la droite ultra-ultra-minoritaire de Kasparov, il y a la gauche fascisante de Limonov (tiens! il n’est plus mentionné dans vos papiers!) avec comme emblème, que vous refusez de montrer, de la faucille et du marteau en forme de swastika sur des brassards aux couleurs nazies. Mais, dans la droite libérale, il y a des personnalités de qualité dont le programme et l’action ne vous intéressent guère. Enfin, ignorer, comme opposition importante, les communistes, c’est purement de la malhonnêteté, car ils trouvent un écho en Russie malgré l’ultra-présence du parti poutinien partout.

    Je reviens de 3 semaines en Russie, dans les deux capitales et dans l’Oural, j’ai noté que la majorité de mes interlocuteurs étaient anti- « Russie unie » et anti-Poutine, ce qui prouve que, malgré la matraquage du parti officiel, tous les Russes ne sont pas près à se laisser impressionner, mais qu’ils votent, comme chez nous, selon des critères plus ou moins valables dans l’absolu, pour tel ou tel parti. J’ai vu un peuple et une société extrêmement dynamiques malgré le niveau de vie faible par rapport à l’Occident.

    En plus d’être des toinettes, nos spécialistes de la Russie sont des pythies, ils vous concoctent des scénarios sur l’après-poutine comme si vous y étiez. Ces politologues de service sont la plupart démentis par les faits, mais cela ne fait rien, tels nos sondeurs – ils continuent à prophétiser et ne prennent aucun risque lorsqu’ils sont démentis.

    Enfin, notre presse occidentale est à la traîne des analyses de l’Amérique et de son satellite l’Angleterre et est incapable d’avoir son jugement équilibré. Nous avons commencé à être les moutons de Panurge à partir de la couverture de la guerre avec la Serbie, où seules les versions de l’Otan étaient mentionnées dans tous les media. Paradoxalement,  les américanistes Sarkozy et Kouchner, qui devaient nous faire voir ce que l’on verrait, ont une position, à mon avis juste, de l’évolution de la société russe – il faut tenir compte de l’histoire du pays et surtout ne pas donner des leçons quand soi-même on n’est guère exemplaire. Cela ne veut pas dire fermer les yeux sur les faits négatifs, mais sans cet hystérique  a-priori antipoutinien, qui se révèle bien souvent comme un racisme antirusse. Dans son compte-rendu du film de Sokourov « Alexandra », J.M. a trahi la position du Monde, qui va pousser des cris d’orfraies pour la nier, en parlant du « russophile Sokourov »!!! Donc il faut être russophobe pour plaire à J.M. et au Monde… Et la censure du journal concernant le prix spécial du jury de Venise au film « 12 » de Mikhalkov…

    Le problème de la Russie, ce n’est pas le Kremlin ou Poutine, c’est la totale absence de contre-pouvoirs, car la population qui peine à vivre convenablement, est plus préoccupée par la stabilité acquise que par des revendications sous forme de grèves ou de manifestations. Il faudra du temps pour que l’immense Russie atteigne un niveau de vie confortable et puisse alors faire jouer des mécanismes démocratiques.

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    De : Jean-Claude Marcadé <jc.marcade@wanadoo.fr>

    Date : 21 décembre 2007 11:49:07 HNEC

    À : Le Monde <courrier-des-lecteurs@lemonde.fr>

    Objet : de la désinformation sur la Russie (suite)

    Mme Jégo devrait se reconvertir dans le roman policier, là ses « éclairages » et ses intuitions seraient les bienvenus (je me demande si elle vit vraiment en Russie, ou si elle se contente de regarder les sites internet) – ou bien alors, je vois pour elle un recyclage dans une série télévisée  à la Dallas avec Poutine dans le rôle de JR. Et pendant ce temps, les lecteurs du Monde continuent à être désinformés sur l’état réel de la Russie aujourd’hui.

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    De : Jean-Claude Marcadé<jc.marcade@wanadoo.fr>

    Date : 18 janvier 2008 18:52:37 HNEC

    À : Le Monde <courrier-des-lecteurs@lemonde.fr>

    Objet : la haine de kasparov

    « Le Monde » est vraiment ignoble : non seulement vos lecteurs ne sauront pas que Kouchner a donné au journal d’Anna Politkovskaïa « Novaïa gaziéta » une interview où il déclarait, entre autres, que nous n’avions pas à donner des leçons à la Russie, que Mikhalkov  a obtenu un lion d’or à Venise pour son film « 12 », que Poutine a été déclaré « l’homme de 2007 » par le « Time », que la nombreuse opposition du petit pays qu’est la Géorgie dénonce, à tort ou à raison, des « fraudes massives » lors des élections présidentielles, que Kasparov ne représente politiquement rien en Russie, que même ses alliés, dont Mme Alexéïéva, ne veulent plus rien à voir avec lui, etc.etc.etc., mais vous publiez un article haineux, qui amalgame de façon émotionnelle-hystérique des faits disparates, qui salit non seulement le honni Poutine, mais également notre chef de l’Etat, Sarkozy, élu largement (malgré vous, sans ma voix…). On se demande pourquoi il est nécessaire de déverser sur Poutine ces avalanches d’imputation de totale malfaisance. A ce que je sache, Poutine a souscrit à l’abolition de la peine de mort, a signé le protocole de Tokyo, n’a pas porté la guerre, sans être menacé, loin de ses frontières en créant désastres irréparables et désolation, ne fomente nulle part dans le monde (comme le faisait l’URSS et le fait toujours la CIA) des complots, a mis la Russie sur la voie du redressement etc. Ce n’est pas rien pour un pays qui a connu 70 ans de dictature sanglante et de gabégie, qui est, rappelons-le aux roquets de la fable qui aboient sur les éléphants, le territoire le plus grand au monde.

    Que quelqu’un, qui est politiquement un zéro, se permette de reporter, de l’étranger où il vit confortablement, la haine qu’il a pour Poutine sur notre chef de l’Etat, est indigne de la déontologie du grand journal que vous voulez être. Jamais le pus farouche opposant français à Sarkozy n’emploie une telle rhétorique offensante. Mais vous avez la lâcheté de le faire, en vous couvrant du fait qu’il s’agit de la rubrique « débat » : ce n’est pas nous, c’est lui…C’est misérable. A quand un article du sympathique Bérézovski et du sympathique Tchetchène de Londres Zakaïev? Et à quand le grand philosophe Glücksman qui vous a trompés avec « Libération » où il a été très gentil avec Sarkozy après que ce dernier l’a invité dans sa suite, je crois en Egypte (ou ailleurs?).

    Il ne faut pas vous étonner de vos difficultés, continuez comme cela à pipoliser le journal à manière de la « BildZeitung » et l’on continuera à cesser de vous lire.

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    De : Jean-Claude Marcadé <jc.marcade@wanadoo.fr>

    Date : 8 février 2008 16:13:09 HNEC

    À : Le Monde <courrier-des-lecteurs@lemonde.fr>

    Objet : Mes notes sur la perverse désinformation du Monde sur la Russie

    Votre éditorial « la vindicte de Poutine » est poussive car vous n’avez guère de matière sur la prétendue main-mise malfaisante du chef de l’Etat sur tous les rouages de l’Etat russe, sauf de ressasser les mêmes arguments. Et le peuple russe a-t-il une autre existence pour vous que celle d’une petite minorité de droite ou fascisante? Ce peuple russe est donc très idiot et « apathique » (selon votre politologue préférée) pour, avant même toute propagande télévisuelle et autre, donner sa préférence massive au poulain de Poutine, le « terne » (selon votre verdict définitif) Medvédev. Etre prorusse, c’est mal – écrivez-vous à longueur de colonnes. Qu’est-ce, sinon de l’antirussisme avéré?

    Je note la mansuétude de vos articles concernant la Chine, qui rappelle celle que vous aviez jadis à l’égard de l’URSS dont chaque pet fleurait bon…Et alors que la Russie est devenue une démocratie malgré les aléas que cette démocratie peut connaître, vous faites tout non pour l’aider à être plus démocratique, mais au contraire pour  donner de la voix uniquement aux escrocs (Bérézovski, Khodorkovski et ses complices) ,  aux malhonnêtes (Kassianov) ou aux agités (Kasparov-Limonov). Les opposants qui ont la dignité de ne pas faire appel à l’Occident pour soutenir leur combat ne vous intéressent guère. Il vous faut du piment!

    J’avoue avoir été interloqué d’entendre de la bouche de personnes cent pour cent antipoutiniennes, à ma déclaration que Khodorkovski passait en Occident pour un héros et une victime : Quel héros? Quelle victime? Quand il avait les coudées franches, il n’hésitait pas à éliminer ses concurrents – je n’ai pas d’information à ce sujet, mais ce n’est pas chez Mme Jégo que je la trouverai, qui ne fait que répéter les informations antirusses d’internet.

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    jean-claude marcadéDe : Jean-Claude Marcadé <jc.marcade@wanadoo.fr>

    Date : 12 février 2008 17:36:48 HNEC

    À : Le Monde <courrier-des-lecteurs@lemonde.fr>

    Objet : RE: Mes notes sur la perverse désinformation du Monde sur la Russie (suite)

    Le Monde persiste et signe…Que Mme Jégo consacre un article à Mme Litvinovitch, pourquoi pas, mais qu’elle essaie à travers lui de nous rendre respectable son chéri Kasparov , le seul vrai opposant à Poutine (sic!), et qu’elle nous parle de la passivité de la jeunesse russe parce qu’elle ne suit pas massivement les manifestations de ces individualités qui n’ont aucun programme sérieux, c’est à la limite de l’honnêteté journalistique. Car nous attendons toujours un article complet sur l’opposition au parti dominant, avec ses personnalités et ses programmes. On nous sert des portraits d’individualités qui, certes, le méritent mais qui ne nous donnent qu’une vue très partielle de la réalité russe. Mme Jégo ressemble au Répétilov du « Malheur d’avoir de l’esprit » de Griboiédov dont la seule politique de vie était « Faisons-du bruit, mes amis, faisons du bruit! ». La jeunesse russe ne serait passive que parce qu’elle ne suit pas massivement quelques trublions (Kasparov-Limonov), mais quand cette jeunesse est poutinienne (les fameux « Nachi ») et qu’elle manifeste, elle est traitée de moins que rien. Pour ma part, j’observe le dynamisme incroyable de la jeunesse russe dans son ensemble qui se bat quotidiennement pour améliorer ses conditions de vie. Et il y a à faire en Russie! Car son état est loin d’être à la hauteur de ses ambitions.

    On saura que Kasparov est soutenu par Mme Litvinovitch, mais on ne saura rien, nous les lecteurs du Monde, sur le dernier discours important de Poutine, ni sur l’intervention d’Ivanov à Munich. Tout cela n’a aucun intérêt, certainement, pour le futur de la Russie ou pour les rapports internationaux, car ceux-ci paraissent uniquement réglés par la politique si porteuse d’espérance des Etat-Unis. On ne saura rien sur la présence de Perminov à Kourou avec Sarkozy (mais Sarkozy, n’est plus votre chou-chou…)

    Espérons qu’avec l’intègre M. Schweizer « Le Monde » aura plus de souci d’intégrité informationnelle…

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    De : Jean-Claude Marcadé <jc.marcade@wanadoo.fr>

    Date : 16 février 2008 17:55:47 HNEC

    À : Le Monde <courrier-des-lecteurs@lemonde.fr>

    Objet : Mes notes sur la perverse désinformation du Monde sur la Russie (suite)

    Décidément, les choses continuent au Monde – rien de ce qui s’est fait en Russie et de ce qui se fait aujourd’hui ne trouve grâce à ses yeux. Aucune lueur de quelque chose de positif.  Et l’avenir est sombre puisque Medvédev est déclaré a priori la créature de Poutine. Nous avons donc  le salmigondis habituel de Mme Jégo qui fait une « synthèse » d’une superficialité abyssale (les anecdotes seules sont dominantes) de la conférence de presse de Poutine, avec une minime mention incidente du discours-programme de Medvédev à Krasnoïarsk d’une très grande importance pour l’avenir et montrant un Medvédev loin de la potiche que nous présente Mme Jégo avec l’aval du  Monde. La mauvaise foi n’est pas seulement dans le choix des déclarations de Poutine (par exemple, sont passées sous silence son indignation du système général des pots-de-vin en Russie et sa volonté de lutter contre la corruption). Comme à la Russie, à travers Poutine, il est fait en permanence un procès d’intention, la règle est de faire un florilège de citations négatives ou, pire, de faire dévier les propos vers des affirmations péremptoires. Ainsi, on parle de « successeur programmé » (le peuple votant est un troupeau de moutons, de Gaulle aurait dit de « veaux », que l’on peut manipuler comme on l’entend?). Ainsi, Le Monde est coutumier de mettre des titres qui forcent le contenu des articles. Ce n’est pas de l’information, c’est du commentaire avec visée malveillante. Quand, enfin, Le Monde reviendra-t-il d’abord à l’information de première main, d’après laquelle le lecteur peut se faire une opinion, ce qui n’empêche pas le journal d’en faire le commentaire et  d’avoir son opinion? Mais d’abord l’information! Et non d’abord le commentaire!

    Où est passé Piotr Smolar qui faisait des papiers sur l’aire ex-soviétique où justement nous étions informés de façon équilibrée? Etait-ce trop équilibré aux yeux de la rédaction du Monde?

    Ne pourrait-on envisager pour des sujets aussi brûlants et controversés de les présenter sous des rubriques « Pro » et « Contra », en faisant appel à des personnalités compétentes (par exemple, pour l’économie russe- vous ne faites jamais appel à un parfait connaisseur de la question, chercheur au CNRS, Jacques Sapir).

    Mme Jégo n’est pas sensible au style russe imagé de Poutine. C’est une affaire de goût. Mais il faut qu’elle s’habitue que la Russie n’est pas le pays de Voltaire et que l’usage des proverbes et des expressions populaires y est courant. Il faut que l’Occident s’habitue, plus généralement, que la Russie atteint à l’universel par des voies autres que celles de l’Occident – et heureusement! Heureusement que Poutine ne parle pas comme Bush ou comme Sarkozy.

    Le bouleversant film de Lounguine « L’île » est la preuve qu’en effet les Russes sont autres – et tant mieux! Quel enrichissemnt pour le monde!

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    jean-claude marcadéDe : Jean-Claude Marcadé <jc.marcade@wanadoo.fr>

    Date : 16 février 2008 18:31:53 HNEC

    À : Le Monde <courrier-des-lecteurs@lemonde.fr>

    Objet : Afterphilosophie

    L’idée du Monde de faire présenter ses volumes philosophiques par des personnalités médiatiques n’est pas forcément très bonne (toujours cette tendance pipolisante!). La présentation du Voltaire par M. Lévy est affligeante – ce n’est plus le logos, c’est la logorrhée, le pathos – Voltaire précurseur de Lévy dans sa dénonciation de l’islamisme….Mais on pourrait, dans cette veine pathétique, montrer que Voltaire, au-delà de son antichristianisme, annonce l’antijudaïsme (je n’ose dire l’antisémitisme) dans ses articles du terrible, mais salubre pour les croyants comme pour les incroyants, « Dictionnaire philosophique » dont, semble-t-il Mahomet et le Coran sont absents.

    Nietzsche dans son « Schopenhauer als Erzieher » parle des philosophes de son temps qui tenaient le haut du pavé comme appartenant à l’ « Afterphilosphie » – je laisse le soin de traduire « After » à M. Lévy.

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    De : Jean-Claude Marcadé <jc.marcade@wanadoo.fr>

    Date : 12 mars 2008 18:51:56 HNEC

    À : Le Monde <courrier-des-lecteurs@lemonde.fr>

    Objet : de la désinformation sur la Russie (suite)- circenses ludi!

    Tiens! Tiens! Rien sur la Géorgie, sur son opposition au pouvoir en place, sur la grève de la faim de cette dernière – N’est-ce pas significatif, indirectement, de l’information malhonnête du Monde sur la Russie dont « L » opposition (toujours cet article défini qui ne désigne que les trublions sans écho dans le pays) a fait l’objet d’une très belle photo en couleurs en première page lors de sa manifestation provocatrice réprimée? Si ce n’est pas une preuve flagrante de la dépendance du Monde des médias anglo-saxons et/ ou sous influence de la CIA, alors qu’est-ce? Le dialogue Merkel-Poutine escamoté à l’avance; les propos de Kouchner sur les élections russes malicieusement tronqués etc.etc.

    Vous commettez une mauvaise action en faisant croire à « l »opposition que les manifestations en Occident peuvent se dérouler sans règles, ou alors on crée un climat d’émeute. L’opposition a besoin d’apprendre, autant que le pouvoir russe, la démocratie. Vous lui rendez mauvais service en faisant passer des actions irresponsables pour de la « vraie » opposition (c’est pour cela que vous ne parlez guère des vrais opposants, avec un programme, comme, par exemple, Iavlinski – il vous faut du sang, du croustillant – panem et circenses…)

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    De : Jean-Claude Marcadé <jc.marcade@wanadoo.fr>

    Date : 29 mars 2008 16:52:19 HNEC

    À : smolar@lemonde.fr

    Objet : le reflux démocratique dans l’ex-ursss

    Cher Piotr Smolar,

    J’apprécie beaucoup vos papiers qui sont équilibrés, mais il me semble que la « ligne générale » du  » Monde » pointe parfois, noblesse oblige…

    Je pense qu’on ne peut comparer la politique à l’oeuvre dans des petits pays comme la France, l’Ukraine, La Géorgie et tous les autres pays ex-satellites ou non de l’URSS avec la Russie, un pays qui est un continent, le plus grand Etat géographiquement parlant au monde, une mosaïque ethnique, linguistique, culturelle, religieuse d’une  complexité inconnue ailleurs. De plus, le passé récent et de toujours de la Russie permet de comprendre pour quoi la démocratie, réelle selon moi, si l’on compare avec l’URSS, éprouve des difficultés à se mettre en place. Et il y a encore tant de petits potentats soviétiques quand on va un peu loin de Moscou!

    Il est de mode de parler de la  paranoïa russe, brandissant le complot international qui menace le pays. Mais vous serez d’accord avec moi que la Russie d’aujourd’hui, à la différence de l’URSS, ne menace personne en dehors de ses frontières, et qu’elle peut être inquiète à juste titre de voir l’unipolarisme américain triomphant venir placer des missiles ou les armes de l’Otan à ses portes. Aucun Etat ne resterait passif dans de telles conditions.

    cordialement,

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    jean-claude marcadéDe : Jean-Claude Marcadé <jc.marcade@wanadoo.fr>

    Date : 29 mars 2008 17:20:27 HNEC

    À : Le Monde <courrier-des-lecteurs@lemonde.fr>

    Objet : de la désinformation du « Monde » sur la Russie (suite)

    Mme Jégo s’est surpassée dans son compte-rendu du livre de Natalia Narotchnitskaïa « Que reste-t-il de notre victoire? Russie-Occident : le malentendu ». C’est un petit chef-d’oeuvre de mauvaise foi et de malintention, digne des textes de l’époque soviétique qui vilipendaient ceux qui n’étaient pas dans la « ligne générale » : citations tronquées et amalgames sont mis au service du dénigrement systématique de l’auteure qui nous est présentée – ô crime impardonnable!- comme « le chantre d’un patriotisme décomplexé dans la Russie de Vladimir Poutine » .donc – a priori – tout doit être faux : vous pensez :  cette auteure fait partie de « la Russie de Poutine », mais c’est dégoûtant ça, cela sent le kgb, les chiottes de Poutine et autres méfaits du Grand Satan. Donc – démolition en règle. Ce petit chef-d’oeuvre de recension devra faire partie à l’avenir d’une anthologie. Il montre en tout cas le sérieux des « analyses » et des comptes-rendus de Mme Jégo sur la Russie.

    Mme Jégo se paie également un éminent chercheur du CNRS, économiste de réputation internationale, Jacques Sapir, pour avoir osé dire que ce qui se passe dans un pays qui est un continent doit être proportionné par rapport aux petits pays européens (les crimes racistes des skinheads allemands sont, en effet, proportionnellement plus, ou au moins autant, significatifs que ces mêmes crimes dans la Fédération de Russie). Mais c’est vrai que Mme Jégo préfère Kasparov, un grand politique et un grand savant, qui pense qu’il renversera le régime actuel (la fameuse « Russie de Poutine ») si on lui donne le contrôle de la télévision et des media…

    jean-claude marcadé

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    De : Jean-Claude Marcadé <jc.marcade@wanadoo.fr>

    Date : 6 avril 2008 16:48:37 HAEC

    À : Le Monde <courrier-des-lecteurs@lemonde.fr>

    Objet : de la désinformation sur la Russie (suite)

    A propos de l’article de Pierre Hassner « Les dilemmes de l’Occident », je ne parlerai que de ce que je connais bien, à savoir l’histoire de la Russie : mettre sur le même plan les Albanais du Kossovo, les Tchetchènes de la Fédération de Russie et les Tibétains annexés par la Chine ne tient pas à l’examen :

    1) il n’y a pas eu de colonisation de la Tchetchénie, comme la France a colonisé la Corse ou l’Algérie,  la Russie – l’Ukraine, la Sibérie ou l’Estonie,  les Hans – le Tibet;

    2) il y a eu russification, comme partout ailleurs dans l’Empire russe, puis soviétique, mais pas de christianisation forcée et création, sur la base de la tradition orale, d’une langue tchetchène écrite au début des années 1920;

    3) il n’y a pas eu simplement une lutte entre le pouvoir central de Russie et le séparatisme tchetchène, il y a eu la lutte des Tchetchènes entre eux pour le pouvoir dans la république autonome de Tchetchénie. Donc dire « les » Tchetchènes, comme s’il s’agissait d’un bloc dressé contre le pouvoir de Russie, ne correspond pas à la réalité : il y a eu, essentiellement, trois groupes politiques tchetchènes qui ont lutté pour le pouvoir : les whahabites qui ont mené des actions terroristes dans toute la Fédération de Russie et dont le programme était l’indépendance totale et la création d’un Etat islamique pur et dur; l’islamisme dit « modéré » de Maskhadov qui a été mêlé à des actions terroristes contre les représentants du pouvoir de la Fédération de Russie;  l’islamisme pro-russe des Kadyrov qui a fini par prendre le dessus. Ces trois groupes tchechènes ont mené une guerre impitoyable les uns contre les autres.

    Rien à voir, donc, avec le Kossovo ou le Tibet qui n’ont pas connu de luttes fratricides, mais seulement des luttes contre ce qu’ils considéraient comme des envahisseurs, pour l’indépendance et l’affirmation de leur culture.

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    De : Jean-Claude Marcadé <jc.marcade@wanadoo.fr>

    Date : 1 septembre 2008 01:07:38 HAEC

    À : Le Monde <courrier-des-lecteurs@lemonde.fr>

    Objet : l’ »information » sur la Russie

    Les médias européens et, en particulier, français se sont surpassés dans la présentation de la « guerre » Géorgie-Russie : depuis l’information sur la guerre contre la Serbie, nous n’avions connu rien de plus indécent. Et ces médias prétendent donner des leçons aux médias russes! Je dois dire que « Le Monde » (à mon grand étonnement) a été parmi les plus modérés et équilibrés même si le racisme antirusse, sous prétexte d’antipoutinisme », n’a pas manqué de pointer çà et là : Poutine en pieuvre de Plantu (qui s’est déjà planté avec la Serbie, mais on pardonne à un dessinateur génial), le sourire que M. Dhombres  a réussi à voir chez Poutine (nous, nous avons vu plutôt à plusieurs reprises les sourires « Colgate » de Saakashvili aux pires moments de ce conflit…); et toujours les coups de pied de l’âne de Mme Jégo (qui s’est pourtant calmée!); et, bien entendu, les papiers orientés du « philosophe » Lévy (tiens, pas de Glücksman?) et hier d’un obscur spécialiste géorgien du Caucase qui ne nous a livré, sur toute une page s’il vous plaît, que des ânonnements obscurs; et, bien entendu,  les lacunes dans l’information, très révélatrices, surtout celle concernant l’opposition politique géorgienne qui a été réprimée par le « bouillant » Saakshvili (tiens, cela me rappelle le « flamboyant » Bérézovski de Mme Nougayrède), opposition bien plus importante que les groupuscules russes genre Kasparov ou Limonov, si chers à Mme Jégo. Cette Russie, que vous regardez de haut et dont vous ne cessez de donner une image négative, est un continent multinational et multiconfessionnel où, par exemple, j’ai pu le constater, les populations chrétiennes et les populations musulmanes coexistent pacifiquement, ce qui n’est pas le cas partout, et chez nous en particulier! Et la Tchetchénie est une affaire intertchetchène autant que tchetchéno-russe, et elle est aux mains des Tchetchènes, certes prorusses – ce qui pour « Le Monde » les discrédite a priori (ah! s’ils étaient proaméricains, comme ce serait bien!)

    Evidemment, vous évitez de dire que Poutine depuis des mois et des mois, n’a cessé de dire le caractère explosif de la situation au Caucase géorgien, vous vous contentez de ressasser des formules qui ne veulent rien dire mais qui font de l’effet : le regret de la perte de l’Empire, comme si la reconnaissance de tout petits pays comme l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, apportait quelque chose d’important à l’ »impérialisme » russe – c’est aussi ridicule, mutatis mutandis, que l’argument selon lequel Khodorkovski était un danger politique pour Poutine.

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    De : Jean-Claude Marcadé <jc.marcade@wanadoo.fr>

    Date : 6 septembre 2008 17:08:55 HAEC

    À : Le Monde <courrier-des-lecteurs@lemonde.fr>

    Objet : de la campagne antirusse (suite)

    Le papier de M. Vernet justifiant la reconnaissance de l’indépendance du Kossovo et condamnant la reconnaissance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhaszie est un vrai petit exercice jésuite, avec des ellipses, des lacunes, des silences sur certains faits, quand ceux-ci n’entrent pas dans le schéma antirusse tracé à l’avance. Bien entendu, il n’y a aucune originalité car ce sont les positions que l’on retrouve dans les sites sous influence de la CIA, comme « gazeta.ru ». Est-ce que les journalistes du « Monde » ne pourraient pas avoir une analyse et une information autres, que celles venant du monde anglo-saxon? Par exemple, la mauvaise foi consistant à souligner ce qui n’a pas été dit lors du sommet du Groupe Shangaï, à savoir la reconnaissance de l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, alors que ce n’était pas le but de la rencontre, mais de passer sous silence ce qui a été dit, à savoir l’approbation sans réserve de la façon dont la Russie a répondu à la monstrueuse agression de la Géorgie en Ossétie du Sud. N’est-ce pas un exemple flagrant de jésuitisme? Et je ne parle pas du pathos subjectiviste de M. Dhombres, ému par certaines images, mais ne voulant pas en connaître d’autres (celles, par exemple  de la dévastation de Tskhinvali et de ses victimes – mais que sont les Ossètes?). Je ne pense pas que M. Dhombres soit un imbécile, ni un journaliste non informé, mais il est malhonnête, car il ne peut ignorer que la manipulation des images est la chose la mieux partagée du monde.

    Quand à la ritournelle que la Russie d’aujourd’hui continue la politique monstrueuse de l’URSS (que d’ailleurs le « Monde » mettait moins d’ardeur à condamner), elle ne résiste pas à l’examen. Les Russes restent,  aujourd’hui, à leurs frontières et ne viennent pas allumer des foyers de tension ailleurs dans le monde comme le faisait l’URSS, alors que les Etats-Unis jouent les Batman à des milliers de kilomètres de chez eux…

    +++++

    De : Jean-Claude Marcadé <jc.marcade@wanadoo.fr>

    Date : 12 septembre 2008 10:47:10 HAEC

    À : smolar@lemonde.fr

    Objet : occident-russie

    Je comprends, cher Piotr Smolar, que vous ne pouvez vous désolidariser de la ligne générale de votre journal, qui est délibérément antirusse. Vous êtes le seul qui, au moins, essayez de donner de la voix à ceux qui sont occultés systématiquement du discours dominant et du politiquement correct.

    Permettez-moi cependant de faire quelques remarques à propos de votre dernier papier :

    1) vous n’avez vu et entendu que l’hystérie unilatérale des médias russe, mais comment peut-on donner des leçons à ces médias, quand les nôtres n’ont cessé pendant des semaines de nous déverser des images et des discours, tous antirusses jusqu’à l’indécence , allant même jusqu’à présenter les ruines de Tskhinvali comme étant celles de Gori!

    2) pourrait-on cesser de parler de la guerre en Tchetchénie comme étant le seul fait des forces fédérales russes, et ne pas rappeler que cette guerre est autant tchetchèno-russe que tchetchèno-tchetchène?

    3) Poutine n’a  pas seulement répondu à notre arrogance à l’égard de la Russie par un sursaut de fierté nationaliste, comme vous le soulignez, mais il n’a cessé haut et fort de prévenir l’Occident du danger de guerre à ses frontières caucasiennes et comme on ne retient de lui seulement qu’il est un kguébiste voulant buter les Tchetchènes dans les chiottes ses propos n’ont pas mérité l’attention;

    En tout cas, félicitations pour avoir présenté des « pro » aux « contra » généralisés.

    ++++

    De : Jean-Claude Marcadé <jc.marcade@wanadoo.fr>

    Date : 13 septembre 2008 11:23:06 HAEC

    À : Le Monde <courrier-des-lecteurs@lemonde.fr>

    Objet : de l’Ukraine

    Je suis très étonné que dans la question posée à Viktor Youchtchenko au sujet des passeports russes que possèdent certains habitants russes et russophones de la Crimée, question à laquelle d’ailleurs le président ukrainien n’a pas répondu, vous n’ayez pas informés vos lecteurs que la Constitution d’Ukraine n’autorise pas la double nationalité et que les citoyens issus d’Ukraine doivent choisir, si la question se pose pour eux. Déjà plusieurs citoyens de Crimée possédant deux passeports, ukrainien et russe, ont été privés de leur nationalité ukrainienne.

    +++++

     

     

  • Archives – sur « Le Monde », été 2013

    Archives – sur « Le Monde », été 2013

    Archives – sur « Le Monde », été 2013

    Cela fait  des années que les Toinettes du « Monde » répètent sur Poutine et « la Russie de Poutine » les mêmes faits et arguments avec une fixation monomaniaque sur Poutine et ses prétendus méfaits pour la Russie et pour le monde entier. Il faut un culot immense pour prétendre que c’est à cause de la Russie que la situation de la Syrie en est là. La Russie et la Chine n’ont cessé dès le début de préconiser une solution politique à la guerre civile et religieuse syrienne, alors que les matamores occidentaux, avec en tête Fabius-Hollande réclamaient à cors et à cris le renversement du président élu Bachar El Assad, donc faisant prévaloir la loi de la rue. Le matamore Hollande vient maintenant de déclarer qu’il ne s’agissait plus de renverser le régime de Bachar El Assad mais de le « punir »!!! La gauche molle française est impayable – elle a participé à la guerre du Kossovo sans mandat de l’ONU, elle a trouvé normal de voir annuler les élections algériennes quand les islamistes les ont gagnées, elle a approuvé le coup d’Etat des militaires égyptiens et maintenant elle bombe le torse (Hollande ressemble de plus en plus dans sa déambulation à Bush) face au monstrueux désastre syrien, alors qu’elle a reconnu inconsidérément un conseil de rebelles totalement factice dans sa composition, qu’elle a approuvé la livraison d’armes par le Qatar et l’Arabie Saoudite et a fait miroiter sa propre volonté de livrer à son tour des armes aux rebelles.

    Le culot de Mme McCain-Nougayrède n’a pas de limite – « Le Monde » ne cesse de faire croire que le climat de guerre froide viendrait de l’antiaméricanisme russe. Il ne faut pas oublier que McCain et Romney n’ont cessé de déclarer que la Russie était l’ennemi N° 1, que les Etats-Unis veulent installer des missiles  aux portes de la Russie, qu’ils financent des organisations politiques visant à déstabiliser le régime en place etc.etc. Mme McCain-Nougayrède ne sait toujours pas quoi penser de l’action de Snowden, elle pratique l’insinuation qui permet de noyer le poisson : n’aurait-il pas été manipulé par les Chinois et les Russes conjugués? Ce brave garçon est sans doute un grand naïf – évidemment les Toinettes journalistes du « Monde » ne sont pas, elles, des naïves, on ne la leur fait pas, elles savent les choses, elles…

    L’insinuation semble devenir une méthode journalistique du journal de Mme McCain-Nougayrède. Ainsi, glisse-t-on dans un éditorial qui, une énième fois, dénonce la responsabilité principale de Poutine dans la guerre civile syrienne, qu’il se pourrait bien que les armes chimiques aient été fournies par cette même Russie…

    Ainsi les insinuations calomnieuses, sans preuves, font partie de l’arsenal rhétorique du journalisme « Mondain »…

    En revanche, une grande discrétion est de mise pour tout ce qui touche à l’Amérique : les méfaits de la CIA dans différentes parties du monde, l’acquittement de Zimmerman,assassin de Trayvon Martin, la torture de l’alimentation forcée des grévistes de la faim à Guantanamo, les violences policières, les peines de mort, l’armement des civils à partir de l’enfance etc.etc.

    Evidemment, « Le Monde » est sous surveillance, en particulier de l’Afterphilosoph va-t’en guerre Lévy, et donc Mme McCain-Nougayrède se doit d’être en première ligne   – il en va de sa survie journalistique. Ainsi,  en plus du Prix McCain que j’ai depuis longtemps attribué au « Monde », il a mérité  haut la main le Prix Lévy…

    Mme McCain Nougayrède était près de l’orgasme avec le  prétendu « camouflet » d’Obama à Poutine, avec l’appel au boycott de la Russie et à l’intervention en Syrie… Pour le moment, c’est un coïtus interruptus, mais rien n’est perdu…

  • L’ignorance de l’Ukraine dans « Le Monde » (et pas seulement), avril 1913

    L’ignorance de l’Ukraine dans « Le Monde » (et pas seulement), avril 1913

    Je retrouve ce que j’écrivais au « Monde » au sujet de Mme Tymochenko le 17 octobre 2011, et de l’exposition du Louvre « Sainte Russie » (8 avril 2010) :

    Il est parfaitement légitime, selon moi également, de venir au secours de l’ancienne première ministre ukrainienne, Mme Tymochenko. Faut-il pour autant dévoiler à cette occasion les orientations antirusses du « Monde »? L’Ukraine, comme la Géorgie, n’intéressent les Européens et les Américains que lorsqu’ils sont antirusses. Le papier de M. Smolar,  consacré au fils Glücksmann, dont les seuls titres sont d’être fils de, époux de, conseiller de et d’avoir une belle gueule (décidément « Le Monde » est sensible au physique des personnes – c’est « Gala »…!). Evidemment, toujours rien sur l’opposition à l’actuel cyclothymique chef d’État. Pour en revenir à l’Ukraine, le peu de cas que vous faites de ce grand pays qui n’a jamais connu jusqu’ici que des embryons d’État, est manifeste. Je ne citerai que deux faits : la translittération des noms ukrainiens est russe; il serait bon, pour soutenir l’Ukraine contre les prétentions de la Russie, de manifester son identité précisément au niveau de sa langue, souvent méprisée par l’élite grand-russe. « Le Monde » a fait l’éloge de l’exposition « Sainte Russie » au Louvre qui était l’histoire non de la Russie, mais de la Rouss depuis ses origines à Kiev juqu’à Pierre Ier, à partir duquel apparaît le nom actuel de Russie; cette histoire était illustrée par de magnifiques documents et icônes. L’Ukraine n’existait pas (comme non plus la Biélorussie), ni dans l’exposition, ni dans le catalogue où même le mot « ukrainien » était banni…Il y a du travail à faire dans l’équipe du « Monde » pour approfondir l’histoire multiséculaire de l’Ukraine et de son statut particulier par rapport à la Russie.
    jean-claude marcadé

    On encense une exposition comme « Sainte Russie »  au Louvre, qui, certes, présente un magnifique ensemble de peinture d’icônes, mais dont le parcours se veut historique et non esthétique (aucun sort n’est fait aux diverses écoles qui sont aussi spécifiques que, par exemple, les diverses écoles italiennes) et, de ce fait, est une falsification de l’histoire, au seul profit de la Russie impériale, soviétique et actuelle. « Sainte Russie » est une expression religieuse orthodoxe et slavophile. Avant Pierre Ier, il y eut les États féodaux de la Rous’ et, à partir du XIVe siècle, la Moscovie devint l’État dominant.  Le mot russe pour Russie est « Rossiya » qui n’apparaît qu’au début du XVIe siècle et qui ne devient  le terme officiel pour désigner l’Empire Russe qu’à partir de Pierre Ier, dit le Grand. C’est dire que l’expression française « Sainte Russie » est un glissendo que la Russie d’aujourd’hui visiblement continue de perpétuer, se voulant la seule héritière de la Rous’ kiévienne, et le Louvre, par ignorance, par incompétence ou par soumission à l’historiographie, hier soviétique, aujourd’hui russe, sans doute aussi par souci d’attirer le chaland par un titre  bling-bling, a pris cette appellation qui, de plus, ne correspond en rien au propos de l’exposition, sauf qu’il s’agit d’art chrétien. L’ironie de l’histoire, c’est que les media, si prompts à soutenir l’Ukraine anti-russe et pro-américaine, l’ont ici reléguée aux oubliettes avec cette affaire de « Sainte Russie » dont les Ukrainiens sont, pourtant, jusqu’au XIVe siècle les héritiers directs. Autre ironie, la France laïque a tout fait pour que l’on ne célèbre pas le baptême de Clovis, et voilà que l’on célèbre la Sainte Russie, tout en dénonçant la collusion de l’Eglise et du pouvoir…

     

  • Archives – « Le Monde » en 1912-13 et Gilles Deleuze

    Archives – « Le Monde » en 1912-13 et Gilles Deleuze

    12 mars 2012

    Piotr Smolar (ou, du moins le titre de la Rédaction du « Monde ») a trouvé le moyen, à propos du trafic d’organes des Kosovars (tellement unilatéralement et partialement soutenus en son temps), d’incriminer principalement la Russie pour ne pas transmettre les informations médicales qu’elle aurait à ce propos. Donc, ce ne sont pas les trafiquants d’organes kosovars les criminels, mais la Russie…

    Mais pourquoi s’étonner, quand le même Smolar et sa collègue inénarrable Marie Jégo, s’empressent de faire des rumeurs non avérées des vérités, pour peu qu’elles soient à charge contre la Russie – ainsi de « Maghnitski battu à mort (sic!) » dans la prison où il était enfermé. Cela ne suffit pas que la mort de Maghnitski soit une bavure de la justice russe, il faut y ajouter la touche people  de « battu à mort », sans que cela soit mentionné, ni repris, par la grande majorité des sites d’opposition.

    16 mars

    J’ajoute que, depuis ce « Maghnitski battu à mort en prison », Smolar et Jégo ont retiré cette « épithète homérique », par « maltraité » : y a-t-il eu quelque protestation de gens informés plus rigoureusement? En tout cas, la calomnie a joué son rôle : puisqu’il n’y a eu aucune rectification des propos de Smolar et Jégo sur « Maghnitski battu à mort », l’imputation reste en l’air. Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. C’est malheureusement la doctrine du journalisme du « Monde » concernant la Russie.

    Toinette Jégo continue à sévir : elle s’est emparée de deux « épithètes homériques » qu’elle va nous ressortir désormais à chaque papier : il y a une « classe créative » en Russie, avide de justice et de liberté » et, en face, « l’élite politico-militaire au pouvoir qui mise sur la bigoterie, le repli sur soi, la haine de l’étranger », évidemment promue, soutenue, encouragée par Poutine, baptisée par Toinette Jégo de « leader national ».

    Font partie de la « classe créative », sans doute selon Jégo, tous ceux qui sont contre Poutine – les Navalny, les Oudaltsov, les Kasparov, les Nemtsov qui, jusqu’ici, ont comme seul programme politique « la Russie sans Poutine », mais aucun  programme socio-économique qui pourrait remplacer le système actuel (le seul qui en est un de cohérent, en dehors des communistes, c’est Prokhorov, dont Jégo ne parle guère, qui n’est pas propoutinien, sans faire une opposition démagogique systématique). Sans doute aussi appartiennent à la »classe créative »  les tristement célèbres Poussy Riot, dont le niveau littéraire et musical reste pitoyable, mais dont l’inénarrable critique d’art Jégo a fait des descendants de Malévitch (mais oui!)…

     

    PS Au G20, un hommage a été rendu à Poutine, pas seulement par politesse, en particulier par Christine Lagarde

    Les deux articles du « Monde » sur la mort de Boris Bérézovski, signés Jégo se terminent, cela va de soi, par Poutine, comparé à Staline face à Trotsky-Bérézovski, via un « politologue », et par le rappel de Poutine-assassin de Litvinenko via les accusations de Bérézovski-Litvinenko…Quel journalisme ! Et  l’on serait assez d’accord avec Mélanchon éructant contre ce journalisme-là, si déjà Gilles Deleuze n’avait mis le doigt sur un certain type de journalisme :

    « Le journalisme, en liaison avec la radio et la télé, a pris de plus en plus vivement conscience de sa possibilité de créer l’événement (les fuites contrôlées, Watergate, les sondages ?). Et de même qu’il avait moins besoin de se référer à des événements extérieurs, puisqu’il en créait une large part, il avait moins besoin aussi de se rapporter à des analyses extérieures au journalisme, ou à des personnages du type « intellectuel », « écrivain » : le journalisme découvrait en lui-même une pensée autonome et suffisante. C’est pourquoi, à la limite, un livre vaut moins que l’article de journal qu’on fait sur lui ou l’interview à laquelle il donne lieu. Les intellectuels et les écrivains, même les artistes, sont donc conviés à devenir journalistes s’ils veulent se conformer aux normes. C’est un nouveau type de pensée, la pensée-interview, la pensée-entretien, la pensée-minute. On imagine un livre qui porterait sur un article de journal, et non plus l’inverse.

    Les rapports de force ont tout à fait changé, entre journalistes et intellectuels. Tout a commencé avec la télé, et les numéros de dressage que les interviewers ont fait subir aux intellectuels consentants. Le journal n’a plus besoin du livre. Je ne dis pas que ce retournement, cette domestication de l’intellectuel, cette journalisation, soit une catastrophe. C’est comme ça : au moment même où l’écriture et la pensée tendaient à abandonner la fonction-auteur, au moment où les créations ne passaient plus par la fonction-auteur, celle-ci se trouvait reprise par la radio et la télé, et par le journalisme. Les journalistes devenaient les nouveaux auteurs, et les écrivains qui souhaitaient encore être des auteurs devaient passer par les journalistes, ou devenir leurs propres journalistes. Une fonction tombée dans un certain discrédit retrouvait une modernité et un nouveau conformisme, en changeant de lieu et d’objet. C’est cela qui a rendu possible les entreprises de marketing intellectuel. »

  • Archives – Problèmes de la publication d’inédits en allemand chez Prestel via le Lenbachhaus, 2007

    Archives – Problèmes de la publication d’inédits en allemand chez Prestel via le Lenbachhaus, 2007

  • La clôture des JO à Paris

    La clôture des JO à Paris

    La performance technologique était moins époustouflante que lors de l’ouverture, comme si l’inspiration de Jolly s’était quelque peu contractée dans un nouvel espace circonscrit. La transformation de l’espace en mouvement de cirque reprend des expériences théâtrales du début du XXème siècle, en particulier soviétiques dans les années 1920, avec aujourd’hui des possibilités technologiques incomparables. Malgré tout, la longueur répétitive des mouvements de l’appareillage et des performances acrobatiques, rappelant le « remplissage » inefficace et fatigant  d’un Sérébrennikov dans Le moine noir à Avignon en 2022, ont un peu amoindri la beauté de l’idée. (Le Boléro  de Ravel dure 16 minutes…)

    La musique française a été le parent pauvre des deux spectacles parisiens : un peu de Ravel sous la pluie avec l’extraordinaire Kantorov, moment hautement confidentiel, et à la fin un peu de Fauré, encore plus confidentiel, avec l’Hymne à Apollon, brillamment chanté par Benjamin Bernheim…

  • Deleuze sur la pensée devenue journalistique, 1977

    Deleuze sur la pensée devenue journalistique, 1977

    Ce  que disait Deleuze en 1977, n’est-il pas devenu encore plus criant aujourd’hui? Outre les philosophes et les littérateurs, ce sont les anciens généraux,  ambassadeurs, correspondants, ou ceux qui se sont autoproclamés « historiens », « essayistes », qui sévissent dans les médias, se veulent plus activistes les uns que les autres, se gargarisent de notions comme génocide, dictature, goulag, corruption, esclavage, chair à canon, ne choisissent que des images qui justifient leur grille de lecture, vouant aux gémonies tout ce qui pourrait ne serait-ce que nuancer leur point de vue univoque. Ce journalisme dit la vérité et ce qui n’est pas cette vérité est mensonge, propagande, enfumage, ce journalisme est un ersatz de la pensée.

     […] Le marketing a ses propres principes : il faut qu’on parle d’un livre et qu’on en fasse parler, plus que le livre lui-même ne parle ou n’a à dire. À la limite, il faut que la multitude des articles de journaux, d’interviews, de colloques, d’émissions radio ou télé remplacent le livre, qui pourrait très bien ne pas exister du tout.
    C’est pour cela que le travail auquel se donnent les nouveaux philosophes est moins au niveau des livres qu’ils font que des articles à obtenir, des journaux et émissions à occuper, des interviews à placer, d’un dossier à faire […]. Il y a là toute une activité qui, à cette échelle et à ce degré d’organisation, semblait exclue de la philosophie, ou exclure la philosophie[…]

    Le journalisme, en liaison avec la radio et la télé, a pris de plus en plus vivement conscience de sa possibilité de créer l’événement (les fuites contrôlées, Watergate, les sondages ?). Et de même qu’il avait moins besoin de se référer à des événements extérieurs, puisqu’il en créait une large part, il avait moins besoin aussi de se rapporter à des analyses extérieures au journalisme, ou à des personnages du type « intellectuel », « écrivain » : le journalisme découvrait en lui-même une pensée autonome et suffisante. C’est pourquoi, à la limite, un livre vaut moins que l’article de journal qu’on fait sur lui ou l’interview à laquelle il donne lieu. Les intellectuels et les écrivains, même les artistes, sont donc conviés à devenir journalistes s’ils veulent se conformer aux normes. C’est un nouveau type de pensée, la pensée-interview, la pensée-entretien, la pensée-minute. On imagine un livre qui porterait sur un article de journal, et non plus l’inverse.

    Les rapports de force ont tout à fait changé, entre journalistes et intellectuels. Tout a commencé avec la télé, et les numéros de dressage que les interviewers ont fait subir aux intellectuels consentants. Le journal n’a plus besoin du livre. Je ne dis pas que ce retournement, cette domestication de l’intellectuel, cette journalisation, soit une catastrophe. C’est comme ça : au moment même où l’écriture et la pensée tendaient à abandonner la fonction-auteur, au moment où les créations ne passaient plus par la fonction-auteur, celle-ci se trouvait reprise par la radio et la télé, et par le journalisme. Les journalistes devenaient les nouveaux auteurs, et les écrivains qui souhaitaient encore être des auteurs devaient passer par les journalistes, ou devenir leurs propres journalistes. Une fonction tombée dans un certain discrédit retrouvait une modernité et un nouveau conformisme, en changeant de lieu et d’objet. C’est cela qui a rendu possible les entreprises de marketing intellectuel. […]

    Ce qui me dégoûte est très simple : les nouveaux philosophes font une martyrologie, le Goulag et les victimes de l’histoire. Ils vivent de cadavres. Ils ont découvert la fonction-témoin, qui ne fait qu’un avec celle d’auteur ou de penseur […]

    Ce ne sont pas les nouveaux philosophes qui importent. Même s’ils s’évanouissent demain, leur entreprise de marketing sera recommencée. Elle représente en effet la soumission de toute pensée aux médias ; du même coup, elle donne à ces médias le minimum de caution et de tranquillité intellectuelles pour étouffer les tentatives de création qui les feraient bouger eux-mêmes. Autant de débats crétins à la télé, autant de petits films narcissiques d’auteur – d’autant moins de création possible
    dans la télé et ailleurs […]

  • Polémique sur l »Anthologie de la poésie russe » sous la direction d’Éfim Etkind, 1982-1983

    Polémique sur l »Anthologie de la poésie russe » sous la direction d’Éfim Etkind, 1982-1983

    ARCHIVES ÉPISTOLAIRES VALENTINE ET JEAN-CLAUDE MARCADÉ

    EXTRAIT  DE 1983